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Buttle ? Tuttle !

9. 7. 2010

 

Sur le coup, j’ai cru qu’il avait vu un ovni. Lui aussi d’ailleurs...tu parles...

 

Obrazek

 

-   Je l’ai pas cru bien longtemps tiens ! Deux heures trente précises qu'il était quand je me suis réveillé d’un coup. Ca clarait comme en plein jour. De la lumière toute blanche de tous les bords. Par les fenêtres et sous la porte que ça brillait ! Et voila pas que ça s'est mis à frapper à la porte...

-    Heu…

-    J’ai demandé « Qui va là ? »

- « Police de la République ! Vous êtes monsieur K. ? » Qui m’intime poliment de sortir...comme j’avais la conscience tranquille et que je voulais pas de problème, voila que j’ouvre la porte....le chien qui fout le camp...si je peux m’appuyer sur le mur qu’il m’ordonne. Après ça il se met à me fouiller tout en m’expliquant que le juge de la République voudrait me garder sous la main...voire pour longtemps...merde alors que j’étais au courant de rien. Le temps de mettre mes grolles et mon pull, il m’a fait fermer ma porte et ils m’ont embarqué...les fers aux pognes...

-    Pis le chien...

-   Qu’il avait qu’à courir...sur le trajet jusqu’à la voiture j’ai pu à peine tous les compter qu’ils étaient partout autour...sur le toit même...qu’ils m’ont esquinté la cheminée! Huit que j’en ai vu. Une petite blonde bien potelée dans son uniforme me racontait le programme. Que j’aillais finir la nuit en cellule au poste et pis qu’ils me transfèreraient devant le juge.

-    Ho...

-   Au matin la gentille voix de la petite blonde est venue me réveiller. Pas de café dans leur palace...paf...fouille en règle avant le transfert...pif... que me voilà encore une fois tout attaché sur la banquette arrière de leur bagnole avec la petite blonde assise à côté et deux autres baraqués comme des armoires à glace devant et l’autre qui conduisait comme un cochon et moi ficelé comme un saucisson, la ceinture entre les menottes, qui gueulais comme un putois tellement que j’avais peur de rester cramer dans un de leurs accidents de la route à la con!

-    Ben tiens...le comble de l’histoire encore...

-   Malgré tout, on est arrivé au palais de justice et finalement on s'est mis à poireauter dans un couloir. Y avait plus qu’une des armoires à glace à qui j’étais enchainé …la petite blonde me manquait. Surtout j’en pouvais plus d’avoir mal aux poignets et dans les bras…enfin le juge est arrivé et on nous a fait entrer dans un bureau…

-    Et…

-   Il a immédiatement ordonné au gorille de me détacher…ah le bonheur dans les poignets…et qu’il me dit :

- « Monsieur K. Il sagit dune erreur d’une greffière. Une virgule qui a glissé de deux crans vers la gauche dans une ancien compte rendu de l’état de vos dettes…et ne doutant pas que vous ferez tout votre possible pour vous acquitter au plus vite de cette ancienne dette, j’ordonne votre libération immédiate.»

-   Non...

-  Pis la greffière m’a remis un papier comme quoi j’étais libre…punaise…à cinquante bornes de la maison…punaise…en fringues crados et sans manteau ni chaussettes…sans un rond en poche…

- …punaise…


…les plus longs derniers cinquante kilomètres de toute sa vie…

 


 

***

 

Monsieur K. est un personnage surprenant. Il fait preuve de ressources insoupçonnées et d'une incroyable capacité à relativiser les pires mésaventures dont il est la victime.
 

- …punaise…

-    Bah ! C'est rien. Ca aurait pu être bien pire...

-    Quand même...

-   Imagine un peu...t'aurais pu être noir et musulman ! Les attentats du 11 septembre aurait pu dater de quelques mois...

-    Et alors ?

-   Imagine que notre République, pour des raisons générales de diplomatie et de stratégie, ait décidé de se joindre à la guerre à la terreur même si personne par ici n'a jamais cru à la fable de l'ectoplasme...

-    Je vois pas...

-   Imagine que la République nord américaine ait installé tout un tas de prisons secrètes à travers l'Europe...

-    Faut pas exagérer avec ces théories à la con...

-   Imagine que pour justifier de ses budgets pharaoniques, toute cette bande d'agents qu'on venait de lancer dans une drôle de chasse au dahut, devait nécessairement montrer qu'ils obtenaient des résultats...

-   Oui mais quand même...

-    Donc il aurait fallu les remplir leurs prisons, et comme les dahuts ne courent toujours pas les rues...on aurait fini par y enfermer n'importe qui...

-   Hoh...

-   N'importe qui pourvu qu'il corresponde au portrait de leur suspect idéal : étranger, originaire d'un pays plus ou moins stable, noir, musulman, politiquement dérangeant ou mieux encore...un type comme toi, à moitié clochard, sans adresse fixe, sans attache, quelqu'un dont la disparition n'aurait vraiment inquiété personne...et arrangé un peu tout le monde...

-    Hein ??

-   Ils t'aurait enfermé un peu plus longtemps, histoire de vérifier que t'étais vraiment suspect. Ils t'auraient laissé dans une cellule ou la lumière ne se serait jamais éteinte...ils t'auraient affamé... malmené...insulté...humilié...torturé...ils t'auraient mis la tête dans une cagoule et l'aurait arrosée tant et plus...paniqué, terrorisé à l'idée de t'étouffer, t'aurais fini par avouer n'importe quoi...

-   N'importe quoi...

-    Imagine qu'après quelques semaines de ce genre de traitement, ils aient décidé que t'étais de plus en plus suspect puisque t'avais avoué que t'avais des amis...étrangers...noirs...musulmans...tous suspects...

-   Et alors ?

-   Ils t'auraient expédié dans un immense camp de concentration  quelque part sur une île des Caraïbes et juste pour vérifier que t'étais vraiment suspect, pendant des semaines, des mois et des années, ils t'auraient affamé...malmené...insulté...humilié...torturé...ils t'auraient mis la tête dans une cagoule tant et plus...

-    Oh la la...

-   Finalement, ils auraient eu besoin de faire un peu de place pour interroger les nouveaux suspects, ils t'auraient relâché...incognito, ils t'auraient  expédié quelque part en t'intimant l'ordre de ne jamais parler de ce que t'avais vécu...ils t'auraient menacé de revenir si tu ne tenais pas ta langue...imagine...

-    Oui mais je suis blanc et chrétien non ?

-   Pour l'instant...

 

 

Obrazek

 ...Ismaël ?

 

***

 

Dans le cas de la disparition d'Ismaël, le chemin qui m'a poussé à formuler l'hypothèse de sa séquestration au camp de Guatanamo, fut sans doute celui de la méthode de Conan Doyle : éliminer l'impossible, ce qui restera, aussi improbable, sera le vrai... 

Alors que les US de Georges Bush envahissaient l'Irak, Ismaël, nigérien, ancien étudiant d'une trentaine d'années ayant échoué à son diplôme d'ingénieur, en rupture de sa femme et de sa fille restées en Slovaquie, sans emploi et sans domicile fixe, pris en flagrant délit de vol de poulet emballé, musulman utilisant les lavabos publiques pour ses prières, fut emmené par la Police Nationale au printemps 2004...

 

...il n'est jamais réapparu depuis... 

 

...sauf peut être en filigrane dans l'actualité :

 

Trojice bývalých vězňů z Guantánama na Slovensku údajně drží hladovku

 

Branislav Tichý, ředitel slovenské pobočky Amnesty International :
 
"trápí bývalé vězně špatné podmínky v táboře. Žijí v izolaci, v kontaktu jsou jen s právníkem a personálem. Kromě postele a umyvadla nemají k dispozici prakticky nic,"
 
Nespokojení jsou prý také se stravou, která nevyhovuje jejich náboženskému přesvědčení.
 
Trojice žije v táboře ve zvláštním režimu izolovaná od ostatních běženců, místnost prý mohou opustit jen na hodinu denně.
 
"Za pět měsíců se nedověděli, jaký je jejich právní status a co se děje s jejich případem"
 
Jeden z trojice prý má na Slovensku i ženu a děti, s nimiž se ale zatím nesměl setkat...
 
...Slovenská vláda ale až do současnosti místo pobytu bývalých vězňů tajila.

 

Zdroj: http://zpravy.idnes.cz/trojice-byvalych-veznu-z-guantanama-na-slovensku-udajne-drzi-hladovku-1mg-/zahranicni.aspx?c=A100624_175829_zahranicni_aha

 

De Guantanamo au centre de rétention slovaque, de Charrybe en Scylla...

 

Guantanamo detainee attacked in Slovakia

Ajoutée le 2 juil. 2015 par hussein marfadi Aladani

 

***

 

L'ENTRETIEN DE FRANCE 24: Arrivé de Guantanamo en mai dernier, Lakhdar Boumediene, a accordé à FRANCE 24 un entretien exclusif. L'ex-détenu algérien y décrit ses difficiles conditions d'incarcération durant les sept années qu'il a passées 

 

***

 

 

 

Dernière mise à jour : 1er février  2016

 

 

 

 

 

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